Spectacles et territoires

Ancrer l'artistique au cœur des territoires

Lors des municipales de 2020, le PRODISS est bien décidé à faire entendre sa voix dans les territoires. Développer un maillage artistique et accessible - dans tous les sens du terme -, c’est tisser des liens forts entre les publics et les artistes, c’est créer une identité culturelle nationale région par région et donc concert après concert, festival après festival…

À une période où le lien social se distend, la culture constitue une des réponses les plus efficaces, une des plus concrètes et probablement la plus plaisante !

1 450 communes disposent d’une salle de spectacles en France

spectaclesterritoires2.jpg

Pour leur permettre de jouer ce rôle primordial, le PRODISS accompagne ses entreprises adhérentes avec la volonté de développer leur compétitivité aux échelles locale et nationale. Défendre leurs intérêts, c’est défendre le public, c’est jouer un rôle fort tant au niveau économique que social pour une égalité culturelle dans notre pays et nous le ferons savoir haut et fort !

Pour en apprendre plus sur l’ancrage sur les spectacles et les territoires, retrouvez un dossier complet ci-dessous :


Focus adhérent PRODISS
ANGERS EN "LÉVITATION"

doudou2.png

CHRISTOPHE DAVY | FONDATEUR DE RADICAL PRODUCTION

Fondateur de Radical Production sa société basée et active à Angers, Christophe Davy nous livre son témoignage. Récit d’une conviction devenue un modèle.

SUR LE SITE DE RADICAL PRODUCTION, VOUS METTEZ EN AVANT «LE BOOKING MILITANT DÉCENTRALISÉ». LES TERRITOIRES SONT-ILS AU CŒUR DE VOTRE ACTIVITÉ ? EST-CE UN ÉLÉMENT DE DIFFÉRENCIATION POUR LES ENTREPRENEURS INDÉPENDANTS ?

C’est un hasard pour ma part. J’ai grandi à Angers. Je n’ai pas de revendication militante de ce côté-là : le militantisme, c’est avant tout le répertoire artistique. Rester à Angers correspondait en revanche à un modèle économique. Quand on fait des choix artistiques moins « grand public », on n’a pas besoin d’être à Paris, et surtout nos coûts fixes ne sont pas les mêmes. Les grands groupes pourraient investir, en soi, sur les territoires, mais une importante société de production a intérêt à être à Paris, là où une grande partie du marché se concentre. Plus on fait du grand public, plus le public parisien est clé. Pour un indépendant, l’intérêt est de rester sur son territoire, où il y a une histoire, et un ancrage presque affectif.

OBSERVEZ-VOUS UN CHANGEMENT DE REGARD DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES SUR L’ATTRACTIVITÉ DU SECTEUR ?

Les collectivités territoriales ont toujours regardé le secteur sous l’angle public : il fallait avoir «sa» salle de concert, «son» théâtre, «sa» compagnie, etc.— Le Quai est un lieu culturel de la ville d’Angers, à la fois espace de création, de spectacles et de rencontres, incluant les arts vivants, plastiques, numériques, scéniques, lyriques, le cirque, le théâtre, la danse, les musiques, etc. L’évolution majeure, c’est qu’avoir sa salle de musiques actuelles est devenu désormais un élément primordial dans l’offre culturelle, ce qui était loin d’être gagné il y a 20 ans. En parallèle des équipements, les collectivités voient enfin les festivals comme une donnée économique et d’attractivité du territoire. Un festival de musiques actuelles il y a 20 ans, ce n’était pas leur monde. Aujourd’hui, c’est devenu monnaie courante.

COMMENT CELA S’EST-IL TRADUIT SUR LA VILLE D’ANGERS ?

Avec un réseau assez militant sur la ville, nous avons eu, il y a 25 ans, une salle de musiques actuelles. Une des premières dans l’Ouest, bien avant Nantes par exemple. Mais aucun festival n’a émergé localement à Angers. Seuls un festival de rue, piloté par la ville, et un autre de théâtre, sous la houlette du département, se sont principalement développés. En 2014, j’ai monté un festival de rock à consonance psychédélique : Lévitation. Il s’agit d’un festival de niche qui se tient actuellement au Quai1, et que je souhaiterais voir évoluer vers du plein air, d’ici deux à trois ans.

QUEL EST LE POTENTIEL D’ATTRACTIVITÉ POUR UN FESTIVAL LOCAL COMME LÉVITATION ?

Une étude a été réalisée par un organisme de la métropole. En attirant plus de 2500 personnes par édition, c’est le festival qui produit le plus de retombées économiques. 80% de notre public résident hors dépar-tement Maine-et-Loire, avec 15% d’internationaux. En générant d’importantes retombées en termes de transports, d’hôtellerie, et de restauration, c’est un festival de niche qui a déjà fait ses preuves, à l’échelle d’Angers. Si l’on passe demain à une fréquentation de 4000 ou 6000 personnes par jour, ce sera un bel objectif. Le festival est un vecteur de plus-value artistique et de reconnaissance au niveau national et international qui reflète une image de qualité pour la ville. Le quantitatif n’est pas la seule mesure et le qualitatif rentre nécessairement en ligne de compte, même s’il est plus difficile à évaluer.

LE CRÉDIT D’IMPÔT POUR LE SPECTACLE VIVANT MUSICAL VOUS AIDE-T-IL DANS LA PRISE DE RISQUE ARTISTIQUE ?

Sur des esthétiques exigeantes, ce dispositif permet d’avoir une partie des coûts du lancement d’un projet artistique pris en compte, et de travailler ainsi plus d’artistes ou de produire des dates supplémentaires. À titre d’exemple, avec l’artiste Johan Papaconstantino, nous avons pu prolonger des tournées, aller à l’international. Nous pouvons « forger » un public petit à petit, analyser ses réactions. Le groupe a pris en maturité dans sa carrière scénique. Bref, nous avons pu donner de l’ampleur au développement de ce projet artistique, grâce à l’effet levier du crédit d’impôt pour le spectacle vivant musical.