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Une reprise en demi-teinte, mais une reprise quand même !

Dans ce moment si particulier de reprise incertaine, le PRODISS est le témoin des difficultés et des inquiétudes rencontrées par les acteurs du spectacle vivant. Malgré ces obstacles, les professionnels se mobilisent, et font preuve d’agilité.

Constat
Rappelons que 86 % de nos adhérents, tous métiers confondus, sont des PME indépendantes ou appartiennent à des groupes de PME, et que plus de la moitié sont des micro-entreprises : tous vivent une reprise compliquée où les constats sont partagés même s’ils sont vécus à des échelles différentes :

  • Un retour du public encore timide qui peut s’expliquer par divers facteurs : la perte du « réflexe concert » ou du « réflexe festival », notamment chez les jeunes suite à la pandémie ; la hausse des achats de dernière minute ; une offre abondante et enfin le contexte de perte de pouvoir d’achat.
    Autant de facteurs qui poussent les spectateurs à modifier leurs habitudes de consommation et les professionnels à adapter leurs modèles.
     
  • De fortes inquiétudes subsistent sur les conditions économiques et sociales de la reprise : une forte augmentation se fait sentir sur les coûts de manière globale et des tensions sont fortes sur l’emploi avec des difficultés de recrutement notamment sur les postes techniques et administratifs.
     
  • La multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes : à l’instar de We Love Green, des Eurockéennes de Belfort ou encore du Freemusic Festival, qui ont vu tout ou partie de leurs éditions 2022 annulées pour orages et canicule, les épisodes météorologiques soulignent la fragilité des modèles outdoor.

 

L'espoir
Malgré ces obstacles, les professionnels du spectacle vivant sont mobilisés et font preuve d'agilité.
Grâce à l’enquête réalisée par le pass Culture en collaboration avec le PRODISS, nous savons que 69 % des jeunes utilisateurs du pass comptent se rendre à un concert ou à un festival dans les prochains mois. Les concerts et festivals jouent un rôle social précieux car le public s’y rend en groupe pour échanger autant qu’écouter. L’impact de nos activités reste un atout fort du secteur.
 

Les enjeux
Toutefois, le secteur est aussi en mutation. Il est aujourd’hui impossible de penser à l’avenir du secteur sans prendre en considération la place prise par le digital : livestream, métavers et NFT font dorénavant partie intégrante des réflexions des entreprises pour renforcer la communauté des fans et l’expérience spectateurs. Ce sera demain une nouvelle façon de profiter aussi du spectacle vivant.

Sur le sujet du recrutement, Malika Séguineau, Directrice générale du PRODISS, s’exprimait le 12 juillet dernier à Avignon, lors du premier forum de l’Inclusion Économique organisé par l’AFDAS, « il y a une nécessité d’ouvrir les recrutements à des profils différents. Nous devons sortir de notre zone de confort. ». L’inclusion économique est un chantier et un enjeu de cohésion sociale, de performance, de croissance et de RSE pour nos entreprises. Il faut recruter des profils différents, et les accompagner en les formant à nos savoirs-faire spécifiques. Il faut également adapter les formations initiales aux besoins nouveaux du secteur. Pour cela, le PRODISS s’est notamment impliqué dans la création de masters spécialisés, comme le MBA « Music Business Management » de l’ICART ou encore le MBA « Manager des industries musicales – spécialisation live » au sein de l’EMIC. Le PRODISS développe également un programme de bourses afin d’ouvrir ces formations plus largement.

L’impératif de la transition écologique est également présent dans tous les esprits : la filière se doit de penser des rassemblements plus durables et de participer à l’effort collectif, en étant clairvoyant sur son impact en termes de transports, de production alimentaire, ou de consommation d’énergie. Le PRODISS travaille en ce sens au travers d’un comité de pilotage composé de membres représentant tous les métiers, pour réfléchir et proposer une transition vers des modèles prenant en compte ces enjeux, de manière réaliste, sans polémique ni stigmatisation. Les solutions seront multiples et non simplistes. Si l’écart entre l’urgence des avertissements écologiques et le temps requis pour penser et mettre sur pieds de nouveaux modèles constitue un enjeu, il en va de même des conditions dans lesquelles cette transformation doit être menée, alors que le secteur et ses acteurs sont aujourd’hui en convalescence.

Les réflexions pour construire demain sont lancées et promettent de belles choses car « L’avenir c’est du désir, pas de la peur » (Patrice Chéreau).

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