La place des femmes

Diversité mon amour… Égalité pas toujours !

Le PRODISS place depuis toujours la diversité au cœur de ses valeurs, et veille à en faire une réalité : diversité des entreprises membres, diversité de création et de projets artistiques, diversité des métiers, diversité des personnes.

 

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Pour autant, la diversité n’est pas toujours synonyme d’égalité, et en ce qui concerne les femmes du secteur de la musique, elle semble loin d’être acquise, voire envisagée… Et pourtant, qu’elles soient artistes, entrepreneures, porteuses de projets ou dirigeantes, on ne compte plus les noms de ces femmes qui soufflent un véritable vent de renouveau dans l’univers de la musique et du spectacle.

Ce dernier en est-il pour autant devenu plus féminin ? « Au rythme actuel, il faudrait attendre 150 ans pour que nos filles et nos petites-filles puissent atteindre l’égalité en termes de salaires », selon Fanny Guinochet, journaliste et modératrice des Assises.

On constate que les femmes sont sous-représentées dans les effectifs et la masse salariale du secteur. Chez les intermittentes, les femmes sont beaucoup moins nombreuses que les hommes avec 34 % d’artistes femmes et 27 % de techniciennes.

Chez les permanentes, la différence de rémunération est frappante avec un salaire inférieur de 21 % et des inégalités qui persistent, et ce, quel que soit leur âge ou leur niveau de responsabilité, quand elles ne disparaissent pas tout simplement du marché du travail après 30 ans…

Ces constats, et la volonté d’agir ont amené 13 organisations, dont le PRODISS, à se rassembler autour d’un acte fondateur : les premières Assises des femmes de la musique et du spectacle, le 19 juin 2019. Sous le parrainage du ministère de la Culture, cet acte 1 est une démarche d’engagement sur le long terme pour enfin changer la donne !

S’engager avec des pistes d’action concrètes

Avec plus d’une centaine de participantes et participants, la première journée des Assises a permis de tracer des pistes d’action concrètes, grâce au soutien d’Agnès Saal, haut fonctionnaire à l’égalité, à la diversité et à la prévention des discriminations, auprès du secrétaire général du ministère de la Culture, et à l’accompagnement de Altidem, cabinet de conseil en diversité et égalité professionnelle.


Regard de femme
"CONVAINCRE ET VAINCRE LES PRÉJUGÉS"


Fabienne Roux, fondatrice de Far Prod | Élue du comité Producteurs

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— Les artistes que vous produisez sont en grande partie des femmes… Un choix volontaire pour la parité ?

Ce qui compte c’est la qualité du projet. Le fait d’être une productrice fait que je serais en revanche peut-être plus en résonance avec le projet de certaines femmes.

— À notoriété égale, êtes-vous particulièrement attentive aux cachets proposés aux femmes ?

Bien sûr, le seul critère qui peut intervenir, c’est la notoriété. Pour des artistes en développement, la question ne se pose même pas, mais je suis très attentive également pour les têtes d’affiche. Je constate en revanche une disparité forte quant à la place des productrices dans ce métier. On retrouve beaucoup de femmes dans la promotion locale, les services culturels, mais moins dans le métier de producteur.

— Vos artistes femmes sont-ellessensibilisées sur le sujet de la « parité » de la rémunération ?

J’ai la chance d’accompagner le groupe artistique Brigitte, deux femmes très engagées, très investies. Elles défendent leurs rémunérations, pour faire valoir leurs droits  par rapport à ce qu’elles sont capables de générer.

— Une forme de jeunisme existe pour les artistes femmes. Cela implique-t-il des gestions de carrière différentes pour les femmes ?

Quel que soit notre militantisme, la difficulté vient aussi du public qu’il faut convaincre, et dont il faut vaincre les préjugés. C’est lui qui fait la carrière des artistes. Parmi les artistes femmes cinquantenaires que j’accompagne, Clarika par exemple en est à son huitième album. Voilà une femme qui a été sous le feu des projecteurs dans les années 1990, avec un album qui a très bien marché, et d’autres qui, par la suite, ont moins bien fonctionné. Mais elle a réussi à garder un public fidèle à chaque tournée. Sans passer nécessairement en radio, elle peut réaliser des tournées de 50 dates. Est-ce une forme de militantisme que de l’accompagner ? Peut-être. Leur place est plus difficile, nous sommes sur des jauges plus faibles. Elle dit d’elle-même : « Je suis un développement durable. » Dans la même veine, on retrouve Jil Caplan qui plafonnait en haut des hit-parades. Creux de la vague ensuite, étiquette des années 1990… Nous nous sommes battues car le métier la condamnait. Elle a beaucoup diversifié ses compétences, du côté du théâtre, de la danse. La presse s’est intéressée à elle aussi sous ces nouveaux angles. Il a fallu 10 ans pour transformer le regard sur elle. Le combat a été le même pour Vanessa Paradis, c’est un exemple de longévité en termes de carrière, et un changement de regard réussi.

— Un changement de mentalité qui s’opère ?

Globalement je perçois un changement de mentalité, et j’ai le sentiment que les femmes s’autorisent à aller vers des métiers de productrice, où il y a une prise de risque.
Plus de femmes doivent pouvoir accéder à des postes de direction, pour faire bouger les lignes. Elles doivent également s’entraider, être plus présentes au sein des réseaux, ce que font régulièrement les hommes. Bien sûr nous avons historiquement des femmes emblématiques dans ce métier, comme Geneviève Girard ou Rose Léandri… Mais nous sommes encore si peu nombreuses !

 

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